Commission permanente & retour sur 5 années de mandat – Précarité, pauvreté, exclusion

La commission permanente s’est réunie ce 8 octobre 2015, pour la dernière fois de la mandature. Pour rappel, il s’agit de l’instance chargée d’approuver les délibérations mettant en œuvre les politiques de la région, dès lors que les principes et les modalités des actions régionales ont été posés par l’assemblée plénière de manière suffisamment précise.

Ce moment exceptionnel est aussi l’occasion pour moi de vous présenter les rapports que j’ai soutenu pendant cette session, tout en revenant sur 5 ans d’actions sur ces sujets.

Précarité, pauvreté et exclusion

Cette commission présente deux rapports qui couvrent ces sujets :

  • Le premier concerne une série d’appels à projets pour lutter contre les difficultés linguistiques, freins à l’insertion de publics fragiles (précarité) – voir le rapport en ligne

 

Les freins linguistiques à l’insertion ont été érigé en Grande cause régionale 2015. En effet, un million de Francilien-ne-s sont en difficultés linguistiques. Les difficultés linguistiques, et particulièrement de compréhension de l’écrit, toucheraient 13% des Franciliens. Les défauts de compréhension orale s’élèveraient même à 18% chez les femmes. Parmi ces adultes, une proportion très large connait une situation fragile et des difficultés d’insertion. Au total, ces Franciliens seraient deux fois plus nombreux que les personnes illettrées : 720 000 personnes seraient concernées par ces difficultés linguistiques. Île-de-France est, de loin, la région de France la plus concernée par ce problème.

Par cette délibération, ce sont dont 39 projets, pour un montant global de près de 200 000€, que nous allons soutenir, répartis sur l’ensemble de l’Ile de France. L’effet de levier de ce maillage territorial devrait d’ailleurs bénéficier à 10 à 15 000 franciliens en difficulté linguistique par an.

C’est donc un fantastique projet et c’est tout particulièrement important, au moment même où nous mettons en place un plan exceptionnel d’accueil et de soin des migrants qui affluent sur notre territoire : l’apprentissage du français pour ces populations est une clé essentielle pour permettre leur autonomie ainsi que leur intégration.

Pour vous donner une idée des projets proposés, 1/5 sont des ASL, des Ateliers SocioLangagiers, qui font une pédagogie essentiellement pour l’oral et l’autonomie sociale. 1/5 des ateliers proposent du FLE, Français Langue Etrangère, pour les nouveaux arrivants depuis l’étranger, qui sont de plus en plus diplômés. Il s’agit donc de faciliter leur insertion professionnelle. 1/5 propose de l’alphabétisation, et le dernier 1/5 se répartit entre diverses pédagogies – dont la remédiation de l’illettrisme – et le français allant vers l’emploi .

 

La MIPES est une instance permanente de la région qui travaille sur la pauvreté et l’exclusion et fournit tout au long de l’année des études pour éclairer et orienter l’action publique régionale. Pour cette commission, nous soutenons son action à hauteur de 20 000€. Cette subvention permettra notamment la réalisation d’une étude ayant trait aux phénomènes émergents ou qui s’intensifient de pauvreté et d’exclusion en Ile de France, et notamment concernant « Le genre dans la prise en charge des personnes en situation de précarité ». Consulter le site de la MIPES

L’action sociale fait l’objet d’un engagement fort de la Région depuis 1998. Renforcée sous ma présidence en 2011, la politique menée en la matière permet l’accompagnement des publics les plus vulnérables. En 2015, le budget global consacré se chiffrait à 45,8 M€ (2,4 M€ en fonctionnement et 43,4 en investissement).

Car les chiffres de l’exclusion sont alarmants : 42 000 personnes sont sans domicile fixe en Ile-de-France, et ce chiffre tend à croitre ses dernières années, avec de plus en plus de femmes seules avec enfants et de jeunes. Des centres d’hébergement pour une première stabilisation jusqu’aux maisons relais pour une réelle insertion, j’ai décidé d’accroître notre effort financier. Depuis 2010, plus de 5000 places ont été créées ou réhabilités. Cela représente plus de 55 millions d’euros d’engagements.

Par ces deux rapports, nous sommes donc en cohérence avec la politique que je mène depuis le début de la mandature : je suis convaincue que la lutte contre l’exclusion et la précarité passent par une analyse fine des besoins, ainsi que le dépassement des freins à l’insertion – ici linguistiques, mais également d’hébergement, d’accueil, etc.

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